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 « Mutualisation de main-d’œuvre» :

Il s’agit de tester la possibilité pour les entreprises de la région liégeoise de créer des emplois via le partage de travailleurs saisonniers et/ou à temps partiel, et ce dans une optique de flexicurité.

Le Lentic et la FAR ont réalisé plusieurs actions en ce sens :

  • Diagnostics des besoins des entreprises de la région liégeoise en matière de main-d’œuvre saisonnière et/ou de compétences à temps partiel
  • Mobilisation des entreprises, au travers d’actions
  • d’information-sensibilisation aux opportunités en matière de mutualisation de main-d’œuvre
  • d’analyse approfondie des besoins (saisonnalités, profils de main-d’œuvre, descriptions de fonction, etc.)
  • Constitution de partenariats entre entreprises aux besoins complémentaires
  • Accompagnement des partenariats tout au long du processus d’innovation qu’implique la pratique de mutualisation de main-d’œuvre (aspects organisationnels, RH, juridiques, etc.)
  • Evaluation continue des projets pilotes dans une perspective de flexicurité économiquement et socialement responsable

Plusieurs projets de mutualisation sont en cours :

  • Collaboration entre entreprises de logistique pour mutualiser la main-d’œuvre à temps partiel et pouvoir offrir des CDI temps plein aux travailleurs mutualisés, plutôt que des emplois aux horaires atypiques
  • Collaboration entre une grande entreprise de distribution et des entreprises de télé-services, pour mutualiser des travailleurs au profil commercial et pouvoir ainsi mieux gérer les pics d’activité saisonniers auxquels elles sont confrontées
  • Collaboration entre PME pour partager des travailleurs occupés dans des fonctions de support qualifiées (secrétaire commerciale, informaticien, responsable qualité, spécialiste emballage et logistique, responsable de la communication interne, graphiste, etc.)

« Pool de main-d’œuvre flexible en transition professionnelle» :

Il s’agit de créer, en région liégeoise, une « plate-forme » de mise à disposition d'effectifs, qui répondrait aux besoins ponctuels et récurrents de main-d’œuvre exprimés par des entreprises du secteur de l’économie sociale, dans une logique de transition professionnelle

Notre rôle est d’accompagner tout le processus d’innovation sous-jacent à la mise en œuvre de ce dispositif et de la collaboration qu’il sous-tend, et de faire en sorte qu’il s’inscrive dans une logique de flexicurité économiquement et socialement responsable.

Description du projet :

Dans ce bassin industriel en reconversion économique, de nombreux travailleurs sont victimes des restructurations qui affectent les entreprises sous-traitantes de la vieille industrie sidérurgique, en restructuration continuelle depuis plusieurs dizaines d’années. Ces travailleurs tentent de se reconvertir sur les nouveaux secteurs « porteurs » sur lesquels mise la région, tels que la logistique à valeur ajoutée, l’industrie agro-alimentaire, ou les services. Toutefois, ces secteurs d’activité sont soumis à d’importantes contraintes de flexibilité, en raison de la puissance de leurs donneurs d’ordre et de leur position en fin de chaîne de valeur: travail saisonnier ou sur des créneaux horaires restreint, pics d’activités imprévisibles, postes peu qualifiés. Ils ne peuvent dès lors offrir que des conditions de travail relativement insécurisantes à leur main-d’œuvre : contrats précaires et temps partiels sont le lot d’un nombre croissant de travailleurs de ce bassin industriel.

Dans ce contexte, plusieurs entreprises expriment des besoins de flexibilité auxquels ne peut répondre l’intérim, mais aussi des besoins de sécurisation de leur approvisionnement en main-d’œuvre. C’est également le cas des nombreuses entreprises d’économie sociale, acteurs dynamiques du redéploiement économique local, qui tentent d’adapter leur offre de services aux besoins de flexibilité de leurs clients, mais dont la finalité sociale n’empêche pas d’être confrontées elles-mêmes à des besoins de flexibilité similaires à ceux des entreprises marchandes classiques.

Informé de l’existence de ces besoins de flexibilité et de sécurité, notre centre de recherche a mis en relation les acteurs concernés pour stimuler une réflexion sur la façon de répondre au mieux à ces souhaits diversifiés, mais néanmoins complémentaires. Cette réflexion partenariale a permis d’ébaucher un projet de mutualisation de main-d’œuvre : l’idée est que les diverses entreprises d’économie sociale s’associent pour créer une structure faîtière, qui emploiera des travailleurs flexibles et soutiendra leur reconversion. Cette structure sera donc l’employeur d’un pool de travailleurs qui seront mis à disposition pour répondre à deux types de besoins :

  • Besoins exprimés par les entreprises classiques pour des « péri-services », c’est-à-dire des services de courrier, d’entretien d’espaces verts, de gardiennage, etc.
  • Besoin ponctuels, chez les entreprises d’économie sociale comme chez les entreprises privées classiques, de main-d’œuvre flexible et formée à leurs produits et procédures

Grâce à ce dispositif, les entreprises d’économie sociale à la base de ce pool, de même que les entreprises marchandes de la région, pourront disposer d’une main-d’œuvre flexible mais néanmoins socialisée à leurs contextes organisationnels et formée à leurs processus de travail. Les travailleurs jouiront quant à eux de conditions de travail sécurisantes (puisqu’ils bénéficieront d’un contrat de travail permanent et à temps plein), ainsi que d’un accompagnement social pour faciliter leur intégration dans des contextes différents et l’articulation des différentes prestations. Ces prestations diverses, auxquelles s’ajoutera la formation qui leur sera donnée par le pool, leur permettront de  développer leur employabilité, et favoriseront leurs perspectives d’évolution « oblique » vers une des entreprises utilisatrices. Un contrat liera en effet le pool et ses différents utilisateurs pour que ceux-ci engagent en priorité les travailleurs du pool lorsqu’un besoin en main-d’œuvre de ce type se fera sentir chez eux.

 

« L’entreprise à l’envers » : Constitution d'une nouvelle entreprise multi-activités via la détection de compétences individuelles secondaires.

Il s’agit ici d’accompagner et d’évaluer une expérience pilote conduite par Arcelor-Mittal dans le cadre de la restructuration de ses implantations liégeoises, qui vise à favoriser la reconversion professionnelle des travailleurs en créant de nouvelles activités à partir d’un recensement des compétences secondaires des travailleurs (c’est-à-dire autres que liées au métier sidérurgique).

Notre  objectif est d’analyser les conditions auxquelles un tel dispositif pourrait s’inscrire dans une logique de flexicurité économiquement et socialement responsable, et être transféré ou généralisé à d’autres contextes

Description du dispositif :

En raison des évolutions de son métier et de la conjoncture internationale, le groupe Arcelor, devenu depuis Arcelor-Mittal, est contraint de restructurer certaines parties de son activité. Il décide la fermeture progressive de la phase à chaud de son site liégeois, jugée peu rentable. Ce site comptant d’autres entités actives sur la phase à froid du processus sidérurgique, le plan social négocié dans le cadre de la restructuration prévoit de transférer le maximum de travailleurs reconvertibles vers le froid, et d’utiliser la préretraite pour les travailleurs en âge d’y accéder. Cette stratégie permet d’éviter les licenciements secs, et sa mise en œuvre s’échelonne sur plusieurs années, rythmées par la fermeture programmée des divers hauts-fourneaux, et l’accession progressive des travailleurs « âgés » au dispositif de préretraite.  Cette stratégie de restructuration est néanmoins coûteuse pour l’entreprise, puisqu’une bonne part des travailleurs en attente de préretraite sont inoccupés ou en sureffectif sur des postes non renouvelables, alors que l’entreprise s’est engagée à maintenir leur rémunération et l’ensemble des droits liés à leur statut.

Pour alléger ce coût, tout en maintenant statut et rémunération, le groupe Arcelor-Mittal a décidé de mettre en place un dispositif novateur, déjà testé dans le cadre de la restructuration d’une autre de ses implantations européennes : « l’entreprise à l’envers ». Il s’agit de créer une nouvelle entreprise multi-activités, sur base de l’identification des compétences secondaires des travailleurs (c’est-à-dire autres que celles liées au métier sidérurgique). Cette entreprise, nommée « Homme et Emploi », reste la propriété du groupe sidérurgique, auquel elle est intégrée. Elle propose des services en interne, auprès des différentes entités du groupe implantées sur le site en restructuration, dans trois domaines d’activité :

  • Le second œuvre du bâtiment
  • L’entretien d’espaces verts
  • L’archivage de documents

Sa main-d’œuvre est composée de travailleurs en attente de préretraite, considérés comme non « reconvertibles » et en sureffectif sur des postes non renouvelables, ou « fragilisés » en raison de problèmes de santé qui les rendent inaptes au métier sidérurgique. Ces travailleurs sont « détachés » au sein d’ « Homme et Emploi »par les différentes entités locales du groupe, sur la base d’un principe de « double volontariat ». Ces dernières restent toutefois l’employeur juridique des travailleurs qu’elles détachent, et ces travailleurs conservent l’ensemble de la rémunération et des avantages liés au poste qu’ils occupaient précédemment.

Le chiffre d’affaire généré par les prestations de services d’Homme et Emploi permet à l’entreprise de diminuer le surcoût engendré par le maintien en emploi de travailleurs non « rentables ». Ces derniers bénéficient quant à eux du maintien de tous leurs acquis statutaires, indépendamment de leurs conditions  objectives de travail, et d’un aménagement de la fin de carrière par l’octroi d’un poste de travail « différent » ou valorisant.

UNION EUROPEENNE
Fonds social européen
Article 6 - Actions innovatrices

 

 

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